Entretien avec Guy Métral
Depuis 2011, les membres élus de la CCI Haute-Savoie ont engagé un plan d’action centré autour d’une ambition commune « Dynamiser les entreprises et les territoires » avec un début de mandature marqué (...)
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Entretien avec Guy Métral

Depuis 2011, les membres élus de la CCI Haute-Savoie ont engagé un plan d’action centré autour d’une ambition commune « Dynamiser les entreprises et les territoires » avec un début de mandature marqué par un défi majeur : celui de conforter le service de proximité en réponse aux besoins des entreprises, dans un contexte évolutif et marqué par les réformes fiscales (suppression de la taxe professionnelle en 2010), institutionnelles (réforme des collectivités en 2011), et consulaires (réforme des CCI en 2010) entre autre synonyme de budget resserré. Cinq ans et demi plus tard, vient l’heure du bilan pour cette équipe constituée de chefs d’entreprises (40 membres élus, 20 membres associés, 20 conseillers techniques) et de collaborateurs (100 personnes en 2016) travaillant au service de l’économie locale.

Entretien avec Guy Métral, président de la CCI Haute-Savoie (partie 2)

Vous avez supprimé les « espaces entreprises » alors que la « proximité » était une des valeurs phares du mandat. La « proximité » est-elle toujours possible depuis le siège d’Annecy ?

GM : Quand la priorité reste les économies, il y a des passages obligés. Le Bureau a débattu et nous avons tranché et, sur près de 37 500 entreprises, seules cinq d’entre elles ont souhaité quelques précisions sur cette décision. Ce qui était valable, il y a 15 ans, ne l’est plus obligatoirement en 2016. Avec la dématérialisation et les outils numériques que nous avons mis en place, nous sommes dans l’instantané… Pour la proximité, rien n’a changé. Pour les ateliers d’informations, nous trouvons des solutions avec les collectivités ou instances publiques et privées pour utiliser des espaces de réunions dans tous les bassins du département. Ensuite, nos techniciens se déplacent dans l’entreprise, et nous retrouvons les valeurs du contact, de la proximité et de la relation humaine. Ce n’est pas un grand  changement mais une autre forme d’organisation commerciale et une relation client plus proche et plus ciblée. Ce choix, je l’assume particulièrement au regard des contraintes budgétaires. Suite à ces fermetures ainsi qu’à l’arrêt de certaines prestations, il a fallu neuf mois pour redresser la barre et gérer les départs des collaborateurs. Cela a été pour les élus, le comité de direction, les collaborateurs et moi-même, une déchirure… Ces départs se sont effectués dans le respect en recherchant des solutions professionnelles pour chacun.

Pour la proximité,
rien n’a changé

Le second semestre 2015 a servi à optimiser la réorganisation pour limiter l’impact sur les services apportés aux entreprises. Toutefois, dans cette réorganisation, il y a encore des modifications à apporter pour répondre pleinement aux besoins de nos entreprises.

Où en est la CCI Haute-Savoie suite à ces choix d’activités, suite à cette réorganisation ? Comment rebondissez-vous ?

GM : Nous nous sommes donnés de nouveaux enjeux pour poursuivre notre soutien aux entreprises : bâtir la « CCI de demain ». Une CCI plus offensive, encore plus rigoureuse, une CCI qui sait s’adapter, se remettre en question en permanence. C’est notre état d’esprit qui nous pousse en permanence à optimiser les services et à faire mieux avec moins.

Cela demande des compétences internes de très bon niveau et des élus courageux afin de lutter contre toute résistance au changement. En Haute-Savoie, nous avons opéré cette stratégie du changement depuis octobre 2005, ce qui nous a permis d’anticiper et de gérer la coupe budgétaire dans le consensus en 2015.

une vision moderne et
respectueuse de l’argent
des entreprises

La « CCI de demain » ne sera plus la CCI d’aujourd’hui. Les services régaliens seront améliorés dans la mesure de nos effectifs. Les autres services aux entreprises seront définis en fonction de véritables besoins, nous aurons à produire encore plus d’efficacité, plus de mutualisation, à nous fixer de nouveaux objectifs, évaluer et mesurer toujours plus les résultats obtenus pour les entreprises. La « CCI de demain » sait faire des choix comme une entreprise et mettre en adéquation les besoins du tissu économique avec les compétences de ses collaborateurs.

La « CCI de demain » c’est un autre état d’esprit, déjà en place à la CCI Haute-Savoie, c’est une vision moderne et respectueuse de l’argent des entreprises. C’est une recherche continue d’améliorations et d’économies de A à Z. Les élus doivent être jugés sur les résultats, uniquement sur les résultats. L’ère des discours et des paroles doit faire place aux actes. Manager une CCI, c’est optimiser toujours plus, avec rigueur, s’entourer d’une équipe d’élus, se fédérer autour d’une direction générale et d’un comité de direction en y rajoutant la juste fermeté dans la prise de position et de décision, le tout avec une réelle liberté de parole.

La « CCI de demain » sera-t-elle plus connectée avec les autres acteurs locaux et notamment les autres CCI, les CMA et les acteurs de l’accompagnement au développement économique ?

GM : Sur un territoire, il n’y a pas les uns et les autres… Il y a une forme d’intelligence collective en laissant les égo et les a priori de côté pour se rassembler pour la bonne cause. C’est cet objectif que l’on doit se fixer pour les entreprises. Et  c’est ce que nous faisons avec les différents acteurs de ce département, mais à mon goût, pas encore assez. Avoir peur de perdre son âme pour certains ou son travail pour d’autres, ce sont des positions stériles et dépassées.

Dans notre département, il y a des forces vives. L’objectif, c’est de mettre tout le monde en mouvement pour l’intérêt général. Les entreprises ne supportent plus les divisions ou le manque de concertation sur des sujets communs ; elles ne supportent plus de payer du fonctionnement sans avoir la contrepartie en résultats. Nous sommes en 2016 et les moyens sont restreints pour tous…

Il y a des forces vives

C’est pour cela que nous avons aussi engagé en 2015, avec mes collègues des CCI Savoie et Ain, une collaboration pour porter des projets cohérents et mutualisés sur les trois territoires. Nous représentons ensemble 25 % du poids économique Auvergne Rhône-Alpes. Nous n’avons pas choisi la fusion. En e­ffet, nous avons des atouts communs mais aussi des spécificités propres à chaque territoire, d’où l’importance d’opérer librement et de réussir par l’exemple. C’est un choix que nous partageons et rien ne nous empêche sur des sujets spécifiques de rejoindre les autres CCI d’Auvergne Rhône-Alpes dans une logique régionale.

Tout au long de ce mandat, vous avez pris des décisions, entériné des actions, des prises de positions en concertation avec les membres élus de la CCI Haute-Savoie, tous chefs d’entreprise ?
Comment se passe au quotidien la relation entre 40 dirigeants issus de multiples secteurs d’activité (commerce, industrie, services, tourisme, BTP) et de toute taille (TPE, PME, grande entreprise) ?

GM : Je dois dire que je parle et  j’échange tous les jours avec des dirigeants d’entreprises, des patrons… J’ai pour habitude de ne pas avoir de langue de bois, de ne pas mâcher mes mots. La crédibilité d’un Président passe par la transparence, l’honnêteté, la franchise, le respect, l’écoute, les explications, la concertation, en faisant preuve d’humilité car j’apprends avec tous, chaque jour. Car, être dans une institution consulaire appelle des droits mais surtout des devoirs.

Une vision d’intérêt général 

Les secteurs d’activités, comme la taille des entreprises, ne sont pas des facteurs différenciants mais au contraire un facteur de rassemblement, d’échanges, de construction, de partage, de points de vue. On le voit dans les commissions de travail, nous œuvrons pour un seul et même objectif, l’entreprise.

J’essaie d’expliquer clairement la vie interne de la CCI en indiquant toujours qu’il s’agit d’un établissement public avec une tutelle de l’Etat, en l’occurrence, Monsieur Le Préfet et Bercy. Les CCI ont un cadre de travail avec l’Etat : nous sommes des représentants de l’entreprise dédiés au développement économique, nous ne sommes pas un syndicat professionnel ou un parti politique. Nous nous devons d’être neutres et impartiaux.

Ce mandat, un peu particulier sur le plan budgétaire, m’a permis de travailler avec des élus consulaires haut-savoyards qui sont tous d’une grande qualité et générosité, des personnalités sensibles et intelligentes avec une vision d’intérêt général. Par leurs votes à l’unanimité, ils m’ont exprimé toute leur confiance et je leur en suis reconnaissant. Ils m’ont facilité la tâche à défendre bec et ongles la CCI Haute-Savoie pour passer les caps difficiles et conserver l’équilibre régional des CCI. Je suis fier de cette équipe, fidèle et généreuse, pour les entreprises. De plus, ils ne sont pas avares d’amitié.

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