Témoignage
Avril 2012
• « Il n’y a pas d’âge pour vendre »
Prunélia Schneider et Jean-Pascal Rambaud ont cédé, à 36 ans, leur entreprise de restauration à emporter à Annecy.
Vous aviez 23 ans quand vous avez créé « Barnabé » en 1995 et vous avez vendu 13 ans plus tard cette entreprise. Pourquoi ?
Nous avons tout d’abord ouvert un établissement de restauration à emporter, sous forme de buffets en libre service, à Annecy. C’était un concept alors inédit. Six ans plus tard, nous avons acheté un bâtiment industriel pour développer la partie cuisine. Puis nous avons ouvert un 2e magasin sur Annecy-le-Vieux en 2003 et un 3e, à nouveau sur Annecy, en 2004. Nous employions alors 25 personnes pour un chiffre d’affaires d’environ 1,5M€. Lancer et développer notre société étaient une belle aventure mais elle ne nous rendait pas forcément heureux. Nous n’avions plus le temps de vivre. Nous réfléchissions donc à une éventuelle cession quand nous avons été démarchés par une société. Un an plus tard, nous avons décidé de franchir le pas. Ce n’était pas évident, un vrai saut dans l’inconnu. Nous avons signé la vente le 31 décembre 2008 et n’avons eu aucun regret.
Comment avez-vous géré « l’après » ?
Nous avons accompagné notre repreneur pendant deux mois. Nous avons réglé toutes nos affaires et, avec nos deux enfants, nous sommes partis pour un tour du monde. Nous avions besoin de décompresser et de nous retrouver.
Vous êtes de retour en France depuis août 2010 et vous avez à nouveau lancé une entreprise… Envie de renouveler l’expérience ?
Nous voulions rester indépendants. Nous disposions d’un savoir faire dans la création d’établissements et dans la restauration. Nous avons alors établi un cahier des charges très précis : nous ne voulions pas travailler le soir, ni le samedi par exemple. Nous avons acquis 150 m2 de bureaux, sur Cran Gevrier, dans un secteur d’activités. Nous l’avons transformé en restaurant convivial, « La petite cantine d’Ernestine ». Nous préparons tout nous-mêmes même le pain. Nous avons ouvert le 4 avril 2011, servons aujourd’hui une centaine de repas par jour avec deux salariés (dont une à mi-temps) et nous sommes bien décidés à ne pas céder aux sirènes du développement... Nous voulons conserver la qualité de vie que nous avons retrouvée.
Propos recueillis par Hélène Vermare.
Janvier 2012
• « J’ai cédé par opportunité »
Par Christel Bergoin, Cédante de « Valeur Absolue Parfums ».
Archamps.
Quel a été votre parcours ?
J’ai créé « Valeur absolue parfums » en 2008 » après avoir travaillé 15 ans dans une société comme parfumeur. J’avais 37 ans. Je voulais promouvoir et commercialiser, via des salons professionnels, ma propre gamme de parfums mêlant huiles essentielles et pierres semi-précieuses… Un concept unique en France.
Pourquoi avoir voulu vendre si vite ?
Ma gamme de parfums était conçue et bien assise. Je devais la promouvoir pour développer mes ventes puis assurer le suivi de ma clientèle or je n’étais pas à l’aise avec cette partie commerciale. J’ai rencontré une collègue de mon mari, directrice marketing et commerciale de profession et ça a été l'élément déclencheur. Elle m’a dit qu'elle rêvait de faire ce que je faisais. Du coup, nous avons pas mal échangé et elle m'a fait une première proposition en janvier 2011. J'étais alors accompagnée par la CCI dans le cadre d'un programme de suivi "jeune entreprise" . Quand cette opportunité de cession s'est présentée, j'ai examiné, avec la CCI et ses partenaires, les formalités à accomplir, les impacts fiscaux de la cession, le contenu du compromis de vente et de la clause de non concurrence… Céder dans l'urgence suppose de se faire accompagner pour être rapidement prêt.
Et aujourd’hui ?
Nous avons signé la cession du fonds de commerce en fin d’année 2011 et je ne regrette rien. Je vais rechercher un emploi de salariée dans un premier temps. En fait, mon envie est d’exprimer mes talents. Pas forcément de devenir entrepreneur et cette proposition est bien tombée.
















